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6 décembre 1989, 21 ans plus tard

En commémoration des événements qui eurent lieu, il y a 21 ans à l’École Polytechnique de Montréal, j’aimerais réfléchir au passé, au présent et au futur.

Le 6 décembre 1989, 14 femmes (13 étudiantes et une employée de l’administration) furent massacrées par Marc Lépine qui invoquait le fait que les femmes ne devraient pas avoir le droit d’entreprendre des études d’ingénieur ni d’assumer des postes de responsabilité dans la société. Selon lui, les femmes avaient une place et un rôle qui ne coïncidaient pas avec les droits de la femme. Patriarcal, misogyne et antiféministe, il écrivait dans le message accompagnant son suicide : « les féministes ont toujours eu le don de me faire rager. »

Ce jour a toujours été très sombre pour moi et en tant que jeune universitaire canadienne, c’est une date qui me touche tout particulièrement. Il me semble que parfois nous oublions que malgré notre dette importante envers le mouvement des femmes, la violence contre les femmes, la discrimination, la misogynie sont encore des réalités que nous devons toujours affronter. Trop souvent je suis confrontée à des arguments qui démontrent l’inutilité des féministes dans les pays du Nord – car après tout, nous avons parcouru beaucoup de chemin… mais est-ce vrai ? Il me semble que 1989 a eu lieu hier, et en tant que femme je me sens liée en quelque sorte personnellement à chacune des victimes. La violence fait encore partie de ma réalité.

Que nous le réalisions ou non, c’est le cas pour toutes les femmes dans notre pays – chez elles, dans la rue, sur leur lieu de travail ou dans la salle de classe. Parfois c’est une attitude ouvertement adoptée, mais dans bien des cas elle n’apparaît pas au grand jour. Chacune d’entre nous hésite avant de marcher seule dans la rue le soir, nous vivons parfois dans l’appréhension qu’il arrive quelque chose à nos partenaires ou à un membre de notre famille, et d’autres encore se demandent ce qui s’est passé la nuit précédente. Nous nous demandons quels sont nos droits et nous chassons nos frayeurs.

C’est dans cet esprit, que le 6 décembre est devenu une date pour réfléchir à cette tragédie canadienne et à une réalité mondiale. C’est un appel au dialogue entre les hommes et les femmes afin qu’ils discutent des résultats obtenus, afin que les femmes partagent leurs expériences et qu’elles encouragent les hommes à comprendre le sens de la violence commise contre les femmes et à trouver un moyen de lutter contre elle.

Aujourd’hui, nous nous souvenons de 14 victimes canadiennes de la violence, tuées uniquement parce qu’elles étaient des femmes aspirant à l’éducation. Aujourd’hui nous parlons du chemin parcouru dans la lutte contre la violence exercée contre les femmes. Aujourd’hui nous parlons de ce dont nous avons besoin pour mettre fin à cette réalité.

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