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Affronter avec créativité le harcèlement en Italie : un « moi » qui s’est transformé en « nous » actif

Grâce à un tweet lu en 2013, j’ai réalisé que je n’étais pas la seule à être victime de harcèlement dans les rues et à détester ça. J’ai essayé plusieurs fois de retrouver la jeune femme qui avait écrit : « Non, je n’ai pas ‘un problème’ parce que je ne souhaite pas te parler, charmant jeune homme qui m’abordes dans la rue. En fait, rien ne m’y oblige, c’est tout ! ».   Qui que tu sois, merci ! Ce message concentré en moins de 140 caractères, a fait la différence pour moi ; il a réveillé quelque chose qui m’a poussée à me pencher plus sérieusement sur cette question, à rechercher des ONG spécialisées, à lire des livres et à partager mon expérience avec des amies. J’ai décidé de passer de la position de ‘cible’ à celle de chercheuse, et j’ai concentré mon projet de thèse de maîtrise sur les origines et la transmission des comportements de harcèlement de rue en Italie, mon propre contexte.

Bien que l’expression harcèlement de rue soit traduite de manière un peu étrange en italien « molestie di strada », j’ai rapidement compris qu’il était important de nommer directement cette forme tacite de violence contre les femmes qui est généralement associée à une forme typique et culturelle de « galanteria » (galanterie) ou de « complimenti pesanti » (compliments balourds), attitudes qui ignorent complètement les désirs des femmes et la culture patriarcale dans laquelle nous vivons. En italien, le harceleur est généralement qualifié de « pappagallo » (perroquet). Le terme fait clairement allusion à la répétition stérile de mots, tout en suggérant également l’abêtissement des comportements humains, le passage dangereux d’un comportement sociologique (appris) à un comportement biologique (nature inéluctable).

La forte motivation personnelle qui a sous-tendu ma recherche m’a rapprochée de l’activisme, et lors de la cinquième édition de la Semaine Internationale contre le Harcèlement de Rue avril 2015), le « moi » est devenu un « nous » actif. Avec ma meilleure amie Shari Borghese*, nous avons commencé à réfléchir à la façon de contribuer concrètement à l’initiative ; nous avions plein d’idées et peu de ressources, mais nous étions décidées à faire quelque chose, d’une manière ou d’une autre. Nous avons conçu des autocollants provocateurs à placer dans des endroits bien visibles dans les villes où nous vivons et dans tous les endroits où nous nous rendrions. Nos messages sont clairs et destinés à stimuler le débat. Certains autocollants annoncent « Mon corps n’est pas un espace public », « Pourquoi n’intervenez-vous pas lorsque vous êtes témoin d’un acte de harcèlement ? », ou « NON ne signifie pas convaincs-moi »

Une fois les autocollants placés, nous les avons photographiés pour les poster sur les pages Facebook et Twitter que nous avons créées en anglais et en italien. Notre initiative est très limitée, mais recevoir 330 ‘J’aime’ en deux semaines, nous a semblé être un grand succès ! Nous avons été très surprises de voir que des sympathisants anonymes ont collé nos autocollants dans des cafés, dans des universités et dans des gares de trains. Cela nous a encouragées à poursuivre notre initiative. Nous recherchons maintenant des idées originales pour lever des fonds comme par exemple l’organisation d’un petit marché de vêtements de seconde main qui aura pour titre « Ma tenue vestimentaire n’est pas une invitation ». Nous proposons également à nos amis et nos sympathisants de nous faire part de leurs suggestions et de contribuer à nos activités !

*Alma Rondanini est une jeune féministe cofondatrice de l’initiative NO Molestie di Strada (Pas de harcèlement de rue) ; elle étudie le Genre et la Construction de la Paix à l’Université pour la paix , créée par les Nations Unies au Costa Rica. Elle travaille actuellement en tant que stagiaire au Belgrade Centre for Security Policy (Centre de politique de sécurité de Belgrade) et collabore au programme Gender and Policy (Genre et politique). Ses recherches se concentrent sur la sécurité des femmes et des hommes dans les espaces publics en Serbie.

*Shari Borghese est une jeune féministe cofondatrice de l’initiative NO Molestie Di Strada (Pas de harcèlement de rue). Elle étudie les nouvelles technologies à l’Académie des Beaux-arts de Naples en Italie. Elle est artiste et cofondatrice de CrishArt. Son travail de créatrice est sollicité pour des performances dans des espaces artistiques et non conventionnels et pour des projets de design et de décoration. Elle a également organisé des ateliers dans des hôpitaux afin d’offrir un accès à la pratique artistique aux enfants malades.

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