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Il existe dorénavant une façon d’instruire son propre cas de violence domestique sans avocat

35% des femmes dans le monde sont victimes de violence domestique, c’est donc probablement la forme de violence à l’égard des femmes la plus répandue. Même si elles décident de fuir, elles se retrouvent souvent aux prises avec des procédures juridiques compliquées, qu’il s’agisse de la comparution devant la justice de leur agresseur, de la garde des enfants, de la recherche d’un refuge ou d’un divorce.

Récemment, Chayn, l’organisme de bienfaisance que je dirige, a lancé une nouvelle publication “How To Build Your Own Domestic Violence Case Without A Lawyer” (Comment instruire votre propre cas de violence domestique sans avocat), un outil unique en son genre que les femmes peuvent utiliser pour rassembler et documenter des preuves à l’intention de la justice, en toute sécurité et sans faire appel à un avocat. Contrairement à une idée répandue, les femmes victimes de violences ne trouvent que rarement de l’aide, même dans les pays développés. (Par exemple, au Royaume Uni, plus d’un tiers des victimes ne sont pas en mesure de fournir les preuves nécessaires pour obtenir une aide juridique.)

Prendre la décision de partir est quelque chose d’énorme et c’est souvent très difficile ; c’est pourquoi le guide propose aux femmes un plan clair et détaillé en trois grandes étapes :

Rassembler les preuves des violences

Même si rassembler des preuves est incontestablement l’une des choses les plus importantes que les femmes doivent faire, c’est parfois le dernier de leurs soucis. Il est tellement facile pour une victime de violences domestiques systématiques d’ignorer certains faits qui, peu à peu, vont lui sembler normaux. Par exemple recevoir un message disant « Tu me déçois. Je vais te donner une leçon », ou voir que vous avez 70 appels en absence dès que vous quittez la maison peut devenir votre lot quotidien. Mais pour un juge ce sont des éléments de preuve.

Comprendre ce qui s’est passé

Pour une victime de violence domestique, la période qui suit sa décision de partir est éprouvante et perturbante. C’est le moment de réfléchir et de recenser les différents aspects de la nature manipulatrice de son agresseur.
Exposer les preuves
La victime connaît mieux que quiconque les brutalités qu’elle a subies, mais les raconter peut lui être pénible, surtout si ceux qui l’écoutent sont hostiles, par exemple, la police ou le juge. Le guide aide les femmes à établir une chronologie, à classer les preuves en différentes catégories précises, et à présenter toutes les informations importantes de la façon la plus rationnelle possible, tant pour aider les autorités à comprendre que pour s’y référer elles-mêmes. Quand on a été privé-e un certain temps par quelqu’un de son libre-arbitre, sa fierté, son estime de soi et sa dignité, ce peut être terrible de voir ses paroles remises en cause. C’est pourquoi certaines femmes renoncent à faire valoir leurs droits.

Même si l’objectif de ce guide n’est pas de fournir des conseils juridiques ou de se substituer à une consultation juridique, ses conseils de structuration et de présentation devraient être utiles à la plupart des juridictions. Bien sûr, certain-e-s diront que ce n’est pas la bonne solution car dans la mesure où chaque cas est différent, les femmes doivent plutôt contacter leur ONG locale. Même si c’est vrai – la triste réalité est que beaucoup de femmes ne vont pas jusque-là. Elles peuvent être terrorisées à l’idée de, se faire prendre, ne pas encore avoir pris la décision d’y aller ou ne pas en avoir les moyens de se payer un avocat. Ce guide est fait pour elles et comme l’a dit une rescapée, ce guide est un ‘outil de survie’.

Vous le trouverez à cette adresse : http://bit.ly/chayndvguide.

small hera taken by maryam*Hera Hussein est une féministe de 25 ans et la fondatrice d’un réseau mondial de bénévoles travaillant sur des projets qui mettent à profit les nouvelles technologies pour renforcer le pouvoir des femmes : Chayn.

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